Les guerres d'indépendance d'Amérique latine suivirent de près la Révolution française et s'inspirèrent en partie des idéaux de ce conflit. Ce fut particulièrement le cas d'Antonio Nariño, un riche marchand de Bogota. Ce dernier idolâtrait la France et les meneurs révolutionnaires américains (il avait accroché un portait de Benjamin Franklin au-dessus de sa cheminée). Antonio Nariño traduisit, imprima et distribua la Déclaration française des droits de l'homme et du citoyen aux révolutionnaires émergents d'Amérique latine, ce qui lui attira des ennuis auprès des autorités espagnoles. L'appel de la Déclaration à l'association politique libre, à la souveraineté de la nation et l'idée que les distinctions sociales ne devaient exister que pour servir le bien commun allait à l'encontre de l'autorité espagnole autoproclamée qui s'appuyait sur un modèle monarchique. Mais Antonio Nariño décida d'aller plus loin en écrivant directement au vice-roi de la colonie afin de déclarer que "le peuple était partout mécontent" du règne espagnol. Son audace lui valut le surnom de "précurseur" de la révolution… ainsi qu'une condamnation à la prison.
Mais Antonio Nariño n'avait pas dit son dernier mot. Il fut libéré de sa cellule en 1811 par les révolutionnaires et prit le commandement des forces de Nouvelle-Grenade, avec lesquelles il captura Popayán (en Colombie). En hommage au rôle qu'il joua dans la révolution, le nom d'Antonio Nariño fut intégré à l'hymne national et il est encore aujourd'hui considéré comme un héros de la république moderne.