Le rôle fondamental de la philosophie politique est de s'interroger sur la création d'un gouvernement, la forme qu'il devrait adopter, le sens de la liberté, de la justice, de la loi et autres fantasmes de la civilisation. Elle concerne aussi les droits et devoirs des citoyens. Sans grande surprise, les philosophes politiques sont en désaccord sur à peu près tout. À vrai dire, la signification même du terme "politique" alimente les plus vifs débats.
La philosophie politique résulte des débats d'ordres éthiques sur ce qui est censé constituer une "bonne vie". Puisque les gens sont sociables par nature (on recense peu de véritables ermites, finalement), on s'interroge alors sur l'attitude à adopter en compagnie des autres. En Chine, la philosophie politique, par exemple, remonte à de nombreux siècles, en particulier aux écrits de Confucius au VIe siècle av. J.-C. Le premier livre de philosophie occidentale fut la République de Platon, dans lequel ce dernier cherchait des solutions à ce qu'il considérait comme l'injustice et l'inégalité. À cette fin, il y proposait la première itération d'une longue série de systèmes politiques utopiques (appelés ainsi, car ils sont "moraux"). La philosophie politique romaine, fortement influencée par les stoïciens, avait tendance à être un peu plus pragmatique.
Après quelques siècles de va-et-vient théologiques, la philosophie politique de la Renaissance devint la chasse gardée des pragmatiques avec les travaux de Nicolas Machiavel. Puis un ensemble d'intellectuels tels que Rousseau, Hobbes, Locke, Montesquieu et consorts se mirent à lancer des idées sur le "contrat social", les droits de l'homme ou encore l'égalité, conduisant à plusieurs révolutions, dont celle de 1789, en France, qui bouscula les fondamentaux de la civilisation. Histoire d'en ajouter une couche, alors que l'industrialisation gagnait du terrain, les philosophes politiques marxistes (Marx, Engels, Lénine, etc.) présentèrent un autre genre de structure politique, le socialisme radical, comme la seule forme de gouvernement acceptable... menant une fois de plus à une révolution sanglante, mais au final bénéfique.
Il reste encore aux philosophes politiques à s'accorder sur qui a raison...