Souvent cité de façon inexacte et mal traduit, le poète persan du Moyen-âge Djalâl ad-Dîn Rûmî est pourtant célébré de par le monde. Né dans l'empire des Khwârazm-Shahs, dans l'Afghanistan ou le Tadjikistan actuel, Rûmî s'installa ensuite dans le sultanat de Roum, qui finirait par devenir la Turquie. Il était également profondément religieux, érudit de l'islam et soufi convaincu, un trait bien souvent passé sous silence ou minimisé dans les traductions de son œuvre. Pourtant, le soufisme, branche de l'islam utilisant la chanson et la poésie pour atteindre l'unité avec Dieu, est incontournable dans ses écrits.
Le texte le plus célèbre de Rûmî est le Masnavi, un recueil de poèmes considérés comme les plus beaux de la langue perse. Il y évoque l'amour, qu'il considère comme un chemin menant au divin que l'on retrouve dans des moments du quotidien. La notion d'amour selon Rûmî est inclusive, interpellant le lecteur pour l'attirer vers une vie plus grande et plus pure. Ici, l'amour fait taire la notion de soi et ouvre la voie vers un monde plus large, menant à Dieu ; il n'y a donc rien de surprenant à ce que les descendants de Rûmî aient créé l'ordre Mevlevi, un groupe de mystiques s'intéressant lui aussi à la fusion amoureuse avec le monde via la danse.
L'œuvre de Rûmî forme le pilier de la musique, de la poésie et des arts classiques en Iran et en Afghanistan, mais aussi de la tradition du soufisme. Il mourut en 1273, et son tombeau est encore visible de nos jours à Konya, en Turquie.